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Derain, André — Guillaume Apollinaire

L’Enchanteur pourrissant. 1909. Précieuse reliure articulée en palmier de Jean de Gonet. Édition originale, tirage de tête sur vergé fort, justifié par l'auteur et l'illustrateur. Complet de ses 32 bois gravés originaux d'André Derain.

Estimate

20,000 - 30,000 EUR

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Lot Details

Description

Derain, André ─ Guillaume Apollinaire

L'Enchanteur pourrissant.

Paris, Henry Kahnweiler, 1909.

 

In-4 (262 x 205 mmm). Plats souples en lames articulées de bois de palmier, bordés en gouttière d’une baguette d’ébène du Gabon, bordure droite en bois d’ébène du Gabon aux mors, pièces d’attaches trapézoïdales en bois de palmier, pointées d’ébène du Gabon, couture sur deux nerfs noirs, dos requin noir, doublures nubuck rouille, gardes papier noir, couverture de vélin, emboîtage à dos de box noir avec titre au palladium (Jean de Gonet, 2002).

 

Précieux exemplaire dans une reliure en bois articulé de Jean de Gonet.

Premier livre d’Apollinaire, le premier édité par Kahnweiler et le premier illustré par Derain.

 

Édition originale.

 

32 bois gravés originaux d’André Derain, dont 12 à pleine page et 19 in texte. Une vignette gravée représentant deux coquilles entourant les initiales de l’éditeur "HK". Cet emblème, qui ornera l’ensemble des ouvrages de Kahnweiler, symbolise le soin apporté à leur fabrication : "Un livre ne peut être parfait que s'il ne contient pas plus de deux fautes", avait coutume de dire Kahnweiler à propos des coquilles.

 

Un des 77 exemplaires sur vergé fort (n° 67), d'un tirage, à 106 exemplaires.

Grandes et belles signatures l’auteur et de l’illustrateur à la justification, à l’encre noire.

 

Précieuse reliure articulée en palmier parfaitement en accord avec les bois de Derain inspirés de la statuaire africaine. Avec le jonc, l'ébène, le bois de violette, le padouk et d'autres bois, le bois de palmier est l'un de ceux que Jean de Gonet a aimé façonner : "La difficulté de tailler le palmier, de poncer biseaux et arrondis pour que les formes s'imbriquent sans s'épointer, tient avant tout à la constitution mêlée de ce bois, dure et poreuse, selon les fibres, sombres ou claires, qui la compose." (Jean de Gonet relieur, BnF, 2013, p. 246).

F. Le Bars, Jean de Gonet : Catalogue raisonné, t. III, 1994-2004 (à paraître), n° 1086.

Y. Peyré, Peinture et Poésie, p. 107-108.

R. Johnson & D. Stein, Artists' Books in the Modern Era 1870-2000, p. 14.

E. Pernoud, L'Estampe des Fauves, p. 79-84.

Quand, fin de 1908, Kahnweiler demanda à Apollinaire un texte qu'un jeune artiste pourrait illustrer, le poète remania et augmenta L’Enchanteur pourrissant, publié en revue en 1904. Kahnweiler pensait à l'un des plus jeunes peintres qu'il exposait alors : Derain, qu'Apollinaire connaissait depuis 1904 et qu'il voyait comme l'aîné de la génération des nouveaux peintres, père de Matisse et de Picasso. Pour illustrer ce livre inspiré du Roman de Merlin et de Lancelot du Lac, Derain conçut ces bois gravés dans une veine primitive qu'il voulait proche des premiers temps de l'imprimerie. S'il s'inscrivait ainsi dans la tradition de la gravure sur bois, il s'en détachait cependant en s'inspirant de la statuaire africaine. Apollinaire, qui avait présenté L'Enchanteur comme "un des livres les plus mystérieux et les plus lyriques de la nouvelle génération", lui conservera toujours une prédilection, et le mentionnera souvent dans sa correspondance comme une de ses œuvres majeures.