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Apollinaire, Guillaume

Calligrammes. 1918. Reliure étoilée de Huser pour Jacques Guérin. Exemplaire de tête sur Japon ancien. Avec un poème autographe du poète.

Estimate

30,000 - 50,000 EUR

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Lot Details

Description

Apollinaire, Guillaume

Calligrammes.

Paris, Mercure de France, 1918.

 

In-8 (227 x 143 mm). Maroquin vert d’eau, bordure de maroquin bordeaux mosaïqué d’étoiles et souligné d’un listel de maroquin blanc se poursuivant au dos, dos lisse avec le titre en long, encadrement intérieur de maroquin vert d’eau avec filet au palladium, doublure et gardes de soie crème, tranches au palladium sur témoins, couvertures et dos, chemise et étui (G. Huser).

 

Exemplaire Jacques Guérin.

Un des 4 très rares exemplaires de tête sur Japon ancien, avec un poème autographe d'Apollinaire inspiré de Blaise Cendrars et le second portrait d'Apollinaire d’après Picasso

 

Édition originale des plus beaux poèmes d’Apollinaire.


Portrait d’Apollinaire par Jaudon, signé à la mine de plomb (portrait au crâne bandé).

 

Un des 4 de tête sur Japon ancien (n° 3).

Seuls ces exemplaires de tête contiennent :

  • un second portrait d’Apollinaire par Picasso gravé à l’eau-forte par Jaudon, signé, figurant Apollinaire en uniforme, assis sur une chaise, avec petit dessin à la mine de plomb en bas à gauche.
  • une pièce autographe signée d'Apollinaire, ici le manuscrit d’un poème : "Le départ" (manuscrit autographe manuscrit signé, à l’encre sur vélin fort, avec le dessin d’une étoile, un feuillet in-8, 205 x 128 mm).

Ce poème ouvre "La Tête étoilée", dernière partie de Calligrammes (p. 175 ; Pléiade, p. 296) ; le manuscrit donne aussi les informations suivantes, absentes de l’édition :

"Souvenir du Mesnel-Hurles, 1915" :


"Et leurs sourires étaient pâles

Et leurs regards s’étaient brisés

Parmi la neige aux pures pétales

Comme ses mains sur leurs baisers

Tombaient les feuilles automnales.

(Souvenir du Mesnil-les-Hurlus, 1915)

Guillaume Apollinaire".

 

Ce manuscrit est l’une des quatre versions connues du poème ; il comporte d’importantes variantes par rapport au texte publié (Cl. Debon, p. 324).

Le 19 novembre 1915, Apollinaire expliquera à Madeleine Pagès que ce poème, dont il lui envoie aussi une copie, lui a été inspiré par Blaise Cendrars blessé au front le 6 novembre 1915 : "J’ai fait aujourd’hui un poème mélancolique dans le cimetière boche. Je te l’envoie mais cette mélancolie simplement poétique ne nous concerne pas en tristesse puisqu’elle concerne nos baisers et je pensais en le composant au retour du poète blessé et à sa rencontre avec sa femme".

La mention " Souvenir du Mesnil-les-Hurlus, 1915" fait allusion au village à l’est de la Somme, qui fut, en 1915, le théâtre des plus acharnés pour la possession de quelques tranchées.

Cette version du poème présente d’importantes variantes avec la version publiée.

L’étoile à six branches qu’il a dessinée en haut du poème est comme une signature du poète amoureux au front.

 

Précieuse reliure réalisée pour Jacques Guérin : le bibliophile la commanda à Huser dès 1923. Son décor étoilé, inspiré des nombreuses références stellaires des poèmes, lui aurait été suggéré par Marie Laurencin, selon le catalogue de sa vente.

 

Calligrammes est le symbole typographique et poétique de l’aventure artistique qui constitua le destin d’Apollinaire. Profondément marqué par les développements du cubisme et du futurisme, Apollinaire abandonna les conventions typographiques traditionnelles et considéra la page comme une toile. Purement figuratifs, les poèmes-pictogrammes sont aussi parfois abstraits, suggérant bruits, sons et couleurs.

Jacques Guérin (vente VII, 22 mai 1992, n° 21).

G. Apollinaire, Œuvres poétiques complètes, Pléiade, p. 296 (pour le poème).

Cl. Debon, Calligrammes dans tous ses états, Calliopées, 2008.

Le census des exemplaires sur Japon est curieux, puisque le n° 4 n’a encore jamais été localisé, mais que 2 exemplaires portent le n° 3 (dont le présent exemplaire) : il s’agit peut-être d’une distraction de la part du composteur.

N° 1 : exemplaire Gaffé puis Ortiz-Patino (Sotheby’s, 21 avril 198, n° 8).

N° 2 : exemplaire Eugenia Errazuriz (5 mai 2025, n° 69) ;

N° 3 : exemplaire Jacques Guérin (le présent exemplaire) ;

N° 3 (bis) : exemplaire Alexandrine de Rothschild, Louis de Sadeleer puis Pierre Brossette (22 mai 2025, n° 97).