View full screen - View 1 of Lot 33. Artine. Paris, 1930. Reliure géométrique de Martin. Édition originale. Un des 185 exemplaires sur Ingres rose. Bel envoi à Nusch Éluard. Complet du prière d’insérer sur papier rose..

Char, René

Artine. Paris, 1930. Reliure géométrique de Martin. Édition originale. Un des 185 exemplaires sur Ingres rose. Bel envoi à Nusch Éluard. Complet du prière d’insérer sur papier rose.

Estimate

4,000 - 6,000 EUR

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Lot Details

Description

Char, René

Artine.

Paris, Éditions surréalistes, 1930.

 

Petit in-4 (235 x 177 mm). Plats ornés d’une large composition abstraite en léger relief composée de filets courbes soulignés d’un filet à froid serti de veau rose se détachant sur un fond de veau irisé, dos lisse de maroquin noir avec le nom de l’auteur et le titre mosaïqué de veau rose, doublure et gardes de veau rouge, tranches dorées, chemise et étui (P.-L. Martin, 1963).

 

Une des premières œuvres de René Char de la période surréaliste.

L’exemplaire de Nush Éluard.

 

Édition originale de ce recueil de poèmes dédiés "au silence de celle qui laisse rêveur".

 

Un des 185 exemplaires sur Ingres rose (n° 108), d’un tirage à 215 exemplaires.

 

Bel envoi à Nusch Éluard :

"Pour Nush,

qui reconnaîtra Artine

à travers la PIERRE NOIRE

à Maria Benz

qui possède le pouvoir merveilleux

de VOIR.

Son ami

René Char."


La rencontre de Nusch et d'Éluard est intimement liée à René Char : Char et Éluard se promènent en mai 1930 boulevard Haussmann et rencontrent Maria Benz, qui deviendra plus tard Nusch Éluard. Artine est rédigé durant cet été 1930 par le jeune poète de vingt-trois ans, puis mis au net sur la terrasse de l'hôtel restaurant des Trois Moulins à Paris. À cette époque, René Char connaît Paul Éluard depuis un an à peine et vient tout juste de rejoindre le groupe des surréalistes à Paris. Plus tôt cette même année, Char, Éluard et Breton avaient composé à trois mains Ralentir Travaux. Artine est le premier livre de Char à paraître aux Éditions surréalistes.

 

[Avec :]

Très surréaliste prière d’insérer sur papier rose, rédigé par André Breton et Paul Éluard sous forme de petites annonces (monté à la fin du volume).

Nusch Éluard (envoi).

Artine s’enracine, selon René Char, dans un double souvenir : celui d’une jeune fille croisée sur la pelouse d’un hippodrome, et celui de "Lola Abba", adolescente morte noyée, dont le nom, lu sur une tombe du cimetière de L’Isle-sur-la-Sorgue, nourrira longtemps ses méditations. "C’est une histoire commencée quand j’avais dix-sept ans et qui s’est poursuivie, comme on agrandit un lieu à mesure que s’ajoutent des reliefs venus d’un autre horizon", confie le poète (Sous ma casquette amarante, 1983).


"Artine est faite de plusieurs personnages en surimpression qui représente tout 'l'être impondérable', la belle inconnue qu'on n'attendait pas, l’étoile fascinante, dont on ne peut détacher les yeux [...] c'est une suite de tableaux oniriques qui empruntent au rêve son flou, sa discontinuité. Mais les éléments qui rapprochent le poème du rêve proprement dit abondent" (Jean Voellmy, René Char, ou le mystère partagé, 1989, p. 18-19).